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Marc WILMET Les escapades littéraires d'un linguiste (de Proust à Brassens)

Date : 28.04.2016 — Vidéo 78 min. — Audio 78 min.

Que peut-il y avoir de commun entre le romancier grand bourgeois, esthète et mondain, Marcel Proust, et le poète populaire, gaulois et anarchiste, Georges Brassens ? Assurément rien dans la biographie, les contenus ni les gouts littéraires. Il semble d’ailleurs que « À la recherche du temps perdu » n’ait pas figuré parmi les milliers de livres que les amis de Brassens se sont partagés après sa mort.

Or, une ligne de force les réunit, le refus explicite d’une écriture aseptisée : quand Proust, ainsi, se moque férocement, par le truchement d’un de ses personnages, le « sorbonagre » Brichot (qui avait taxé Balzac de « scribe insuffisamment méticuleux » ou d’« apôtre zélé du charabia ») du prurit des « gendarmes des lettres » impatients de dresser procès-verbal pour fautes de grammaire ; ou lorsque le jeune Brassens, collaborateur et correcteur d’un hebdomadaire anar, esquisse un plaidoyer pro domo : « Tout le monde laisse échapper des fautes de français. Le « Libertaire » comme les autres ; plus que les autres parfois. Mais de sa part, il n’y a rien que de très normal. Il est internationaliste ; il déteste l’autorité, ce qui lui confère le droit de faire des entorses à la langue française »

Des déclarations de principe aux applications, Marc Wilmet examine quelques traits récurrents de l’écriture de Proust et de Brassens, puis il étend l’analyse des exploitations stylistiques de prétendus écarts linguistiques à des auteurs tels Albert Camus ou Hervé Bazin.

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