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Patrick BOUCHERON Les médiévaux ont-ils cru à leurs fictions politiques ? (2/2)

Date : 10.05.2017 — Vidéo 69 min. — Audio 69 min.

L’idée d’un Moyen Âge unanimement dominé par la croyance est l’envers de notre conception de la modernité. Ou plus exactement l’ombre portée d’une foi obtuse et nue dont elle se prétend affranchie. En déplaçant la fameuse question de Paul Veyne (« Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? ») et en l’appliquant à la notion connexe de fiction politique, on tente de mettre à l’épreuve une conception bien trop robuste de la croyance comme préhistoire de la l’idéologie - et ce dans la poursuite des cours donnés au Collège de France durant l’année 2017 sur la notion même de fictions politiques. Une relecture critique du classique de Lucien Febvre Le problème de l’incroyance au XVIe siècle. La religion de Rabelais s’impose alors, notamment en prenant appui sur les travaux récents qui réévaluent la portée du scepticisme dans la raison scolastique. Mais c’est également en tenant compte de l’histoire des pratiques - soit en l’occurrence des doutes, feintes et ruses des fidèles que documentent amplement, depuis le XIIIe siècle, la plainte des prédicateurs confrontés aux faiblesses du faire croire - que l’on tentera de déjouer le grand récit héroïque du désenchantement du monde, en projetant bien en-deça du point de basculement machiavélien la possibilité sociale qu’il y ait des incrédules.

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