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Pascal ANCEL Faut-il une lingua franca pour le droit ? (2/2)

Date : 20.10.2015 — Vidéo 53 min. — Audio 53 min.

Le langage est la peinture de nos idées 
A. De Rivarol, Discours sur l'universalité de la langue française

La norme juridique se concrétise et se colore lorsqu’elle est exprimée dans une langue donnée. Si la langue est un vecteur culturel et définit, parmi d’autres facteurs, l’identité des individus vivant en société, elle est donc aussi l’outil principal du droit et des juristes. La pluralité des langues dans un espace juridique donné est, dès lors, à la fois une richesse culturelle et un défi à la communication. La langue juridique doit être exprimée d’une manière compréhensible par tous : le droit n’est en effet pas seulement un outil de régulation sociale, il est, également et peut-être avant tout, un mode de communication permettant l’exercice de la Justice et la réalisation de la sécurité juridique. « Nul n’est censé ignorer la loi », les règles de droit se doivent donc d’être édictées dans une langue qui peut être comprise par l’ensemble de leurs destinataires. La Belgique est le paradigme des difficultés qui peuvent être rencontrées dans un contexte de plurilinguisme juridique, mais d’autres pays, comme la Suisse, le Canada ou encore le Grand-Duché du Luxembourg, rencontrent des problèmes comparables. L'Union européenne est également confrontée au choix délicat entre multilinguisme juridique ou recherche d'une lingua franca pour le droit.

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