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Xavier LE PICHON Regard sur la tectonique des plaques après cinquante ans

Date : 26.01.2017 — Vidéo 63 min. — Audio 62 min.

Il y a cinquante ans, entre 1966 et 1968, les fondements sur lesquels étaient bâties les sciences de la terre se sont écroulés. L’exploration du fond des océans avait progressivement rendu évidents deux faits majeurs, incompatibles avec le postulat de la permanence des continents et des océans qui prévalait alors : l’âge du fond des océans est à peu près vingt fois plus petit que celui des continents, et la structure la plus importante de la surface de la terre est un réseau continu de rides médio-océaniques de 60 000 kilomètres de long, jusqu’alors inconnu. Ces deux observations incontournables conduisirent à un nouveau modèle qui rend compte de l’activité tectonique globale à partir d’une description cinématique quantitative des mouvements relatifs de la lithosphère, la couche rigide et élastique superficielle. Ce modèle fut proposé quasi-simultanément par plusieurs chercheurs très jeunes qui venaient à peine de terminer leur thèse ! Il produisit une véritable révolution qui marginalisa les cadres de la recherche et de l’enseignement. Comment se fit ce gigantesque basculement ? Pourquoi la communauté l’adopta-t-elle massivement alors que le nouveau modèle n’avait pas encore atteint le stade d’une théorie démontrée ? Cette cinématique 4D (le temps étant pris en compte grâce à l’inertie de ces phénomènes) a remodelé les sciences de la terre. Elle a permis en particulier de comprendre que le principal moteur des plaques est leur propre poids. Mais on découvre aujourd’hui que ce mode de tectonique des plaques ne concerne que les derniers 20% de l’histoire de notre planète. Je discuterai brièvement la nature des 80% précédents.

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