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Andrzej PACZKOWSKI Yalta ou le mythe de la trahison

Date : 21.02.2015 — Vidéo 30 min. — Audio 30 min.

Du 4 au 11 février 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale bat encore son plein tant en Europe qu’en Asie, Roosevelt, Churchill et Staline se réunissent dans la station balnéaire de Yalta, en Crimée, pour préparer l’après-guerre. Le sort de l’Allemagne comme de la Pologne sont évidemment au cœur de cette nouvelle conférence interalliée, à laquelle la France n’a pas été conviée. Les décisions qu’y prennent les trois Grands s’avéreront capitales pour le devenir de l’Europe : les alliés s’accordent notamment sur le partage de l’Allemagne et de Berlin en quatre zones d’occupation et la constitution d’une nouvelle organisation internationale des nations unies (ONU). Surtout, l’URSS obtient une rectification de ses frontières aux dépens de la Pologne, de l’Allemagne et du Japon et la constitution d’un gouvernement polonais sur base du comité (communiste) de Lublin et non du gouvernement (légitime) de Londres.

Reste que cette conférence ne correspond en rien à un « partage du monde », ainsi que le présentèrent assez rapidement les Français. Les accords de Yalta traduisirent plutôt la volonté de coordination des Alliés soucieux d’en terminer au plus vite avec une guerre entre toutes atroces. Les accords de Yalta reflètent avant tout les rapports de force sur le terrain, rapports qui étaient alors largement favorables aux Soviétiques. Tandis que les Américains piétinaient dans les Ardennes belges, les Soviétiques étaient déjà à l’assaut de l’Allemagne. Le sort de la Pologne, pour laquelle Français et Britanniques avaient déclaré la guerre à l’Allemagne, était donc scellé avant Yalta.
Seule concession soviétique, le document final prévoit, dans une Déclaration sur l’Europe libérée, l’installation dans toute l’Europe de gouvernements démocratiques par la voie d’élections libres, promesse que Staline oubliera assez tôt. Les premières élections polonaises furent immanquablement truquées. Ce furent bien les contradictions et impasses de Yalta.

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