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Frantz GRENET Samarkand revisitée par l’archéologie
Les travaux de la Mission archéologique franco-ouzbèke depuis 1989

Date : 22.01.2015 — Vidéo 45 min. — Audio 46 min.

Depuis 1989, la Mission archéologique franco-ouzbèke de Sogdiane, que le Professeur Grenet dirige, explore Samarkand et plusieurs autres sites de la région qui sont susceptibles d’apporter eux aussi des lumières sur le passé de l’ancienne Sogdiane.

Les images qu’on associe d’ordinaire à Samarkand sont celles des grands monuments à décor de faIence qu’ont laissé Tamerlan et ses successeurs. Il s’agit là de la ville telle qu’elle s’est reconstituée après l’abandon du premier site suite à l’invasion mongole de 1220. Ce site, connu sous le nom d’« Afrasiab », est un plateau de loess largement vide de constructions et où ne se marquent plus dans le relief que la citadelle, les anciens remparts et les bassins. La tâche des équipes d’archéologues qui ont œuvré depuis 1873 a profité de cette absence de réocupation, mais s’est trouvée compliquée par l’enchevêtrement des niveaux qui se sont succédés pendant dix-sept siècles.

Les activités de la mission se sont concentrées sur les questions suivantes :

  • le contexte de la fondation de la ville, qu’il est désormais possible d’attribuer à l’époque achéménide ancienne, avec d’emblée un puissant mur de fortification enfermant 220 hectares ; Samarkand fut précédée par une autre ville, Koktepe (peut-être la Gabai des historiens d’Alexandre), fouillée elle aussi par la mission ;
  • l’époque de l’occupation grecque consécutive à la conquête d’Alexandre : une occupation à caractère presque purement militaire, avec la construction d’un énorme grenier à grains retrouvé brûlé avec son contenu ;
  • l’époque « des invasions » qui a mis fin à cette occupation au bout d’un siècle (découverte de la sépulture intacte d’une princesse) ;
  • la grande époque de la Route de la Soie, surtout aux 6e et 7e s., avec la « Peinture des Ambassadeurs » trouvée par nos prédécesseurs et dont nous poursuivons l’étude et, aujourd’hui, le sauvetage ;
  • la conquête arabe de 712 et ses suites (fouille de deux palais de gouverneurs arabes, les plus anciens monuments civils islamiques connus en Asie centrale) ;
  • la dynastie Qarakhanide (999-1212), la plus ancienne dynastie turque islamisée, longtemps tenue pour peu créative du point de vue artistique mais dont l’art pictural, chaînon entre la grande peinture préislamique et la miniature persane, a ressurgi depuis 2000 à la citadelle d’Afrasiab avec le décor peint d’un pavillon royal.

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